BIOGRAPHIE
PREAMBULE

Je vis dans la misère des affects, un SDF de l'amour, une loque qui atteint son seuil d'incompétence avant d'avoir commencé.
Un jour je dessine une mignonne d'après un magazine : miracle ! J'entrevois subitement quelque chose qu'en tant qu'UnderDog de l'existence j'ignorais encore à 27 hivers : le goût d'exister, je bandais subitement à la nature, aux nuages, au vent, aux nanas ! C'était une révélation abasourdissante. Ce gribouillage n'était rien, mais pour moi, détenu au mitard, il promettait l'univers !

Je fais mon premier autoportrait. C'est un tsunami ! Je bascule peu à peu de l'indigence totale dans les milliards de dollars ! Je deviens si riche que je crains l'apoplexie. Je coule cette avalanche dans des gravures chaotiques, démentes, anarchiques, d'halluciné ! Petit à petit je prends pied. Je commence à devenir "normal" ! Les femmes commencent à s'apercevoir que je suis là !
Je me marie et deviens papa.

Moi qui avais peur de ma concierge, avec mes nouveaux biscoteaux je ne crains plus rien ! Je pars avec ma femme et le bébé aux USA. Ma formation d'architecte raté se métamorphose en "jeune architecte plein de talent" ! Je trouve immédiatement du travail. Je gagne ma croûte et nourris ma petite famille. Pendant deux ans Je bosse la nuit sur des eaux-fortes. J'expose mes natures mortes, constructions graphiques et autoportraits à New York. Les critiques sont divines. Les plus grands musées du monde m'en achètent (merci l'Amérique !).
Le tour est joué. Il ne me reste qu'à le répéter jusqu'à ce que je sois convaincu ! Ça fait une éternité que je m'y exerce. J'y crois déjà ! Je peux commencer à en parler. Grosses bises,
Roro


BIOGRAPHIE

Je suis né à Rio de Janeiro, de mère française et de père uruguayen et j’ai fait mes études en Français et Portugais à Rio. A 14 ans, je perds mon père et en 1947 je pars à Paris. J’entre à l'Ecole d'Architecture des Beaux Arts où je rencontre l'architecte américain Jules Gregory, boursier pendant six mois du gouvernement français, dont la très forte personnalité impressionna le jeune « nouveau » que j’étais. Il me prit sous son aile et me fit découvrir ce que pouvait être l’esprit de création.

En 1956 je retourne au Brésil. Je loue une chambre dans une maison à Santa Teresa, un des quartiers de Rio où, comme la plupart des artistes de ma génération, je cherche à égaler Picasso. Ces efforts se soldent par un échec et un état dépressif qui me semblait sans issue.

En désespoir de cause et par hasard, je dessine un visage d'après la photo d'un magazine. Ce geste est déterminant pour la suite de mon travail. Il me fait prendre conscience, à une époque où la représentation de la réalité était bannie, de l'importance capitale qu'a pour moi le dessin de la figure humaine.
Depuis cette date, mon travail est une dialectique permanente entre réalité et créativité.
En 1957 je réalise ma première oeuvre figurative : un autoportrait à l'huile. Ce travail libère mes énergies, je fais de la natation, du yoga, des haltères.

Premières eaux-fortes (autoportraits, natures mortes et constructions) en 1960.

Mon besoin obsessionnel d'humain est aussi obscène que les ébats de Jeff Koons avec la Cicciolina. L'affectif, refoulé de partout, éclate également chez de nombreux artistes avec des oeuvres telles que les portraits et les masques de Valérie Belin ou le théâtre de Jan Fabre.

La représentation de l'humain apporte la force, mais cette force n'aurait pas d'objet sans le concept de création, contre-pouvoir qui permet d'exprimer dans l'art les forces bridées de l'animal humain.

En 1961 je pars à New York avec ma première femme et mon fils âgé de quelques mois. Le jour, je travaille pour des architectes, le soir, je grave des eaux-fortes.

En 1964, le Consul du Brésil à New York, Dora Vasconcellos, me présente à Armando Zegri, directeur de la Galerie Sudamericana qui m'invite à y exposer mes gravures. Cette exposition est bien accueillie par la critique et des oeuvres sont acquises par le Metropolitan Museum of Art et le Museum of Modern Art (MOMA) de New York.
Je participe à plusieurs expositions aux USA. Le Print Club de Philadelphie m'invite à exposer avec le graveur Matt Philips.

En 1967 je retourne au Brésil.
Premiers bois peints. Expositions particulières aux galeries A.R. Hayatt, G-4 et Quadro de Rio.
Cette même année, je fais la connaissance à Sao Paulo du peintre Wesley Duke Lee. Wesley m'invite à faire partie du "Groupe Rex" qu'il avait créé avec des artistes brésiliens d'avant-garde. Il me présente à Pietro Maria Bardi, Directeur Fondateur du Musée d'Art (MASP) de Sao Paulo, le plus important musée d’Amérique Latine. Bardi était un historien de l'Art qui avait créé dans les années 20 une des premières revues d'architecture moderne en Italie. Bardi m’invite à exposer mes gravures au Musée.

Fin 1967, je reviens en France et m'installe à Paris. Je grave pendant deux ans avec Jacques Frélaut aux Ateliers Lacourrière.

1971, gravures acquises par la Bibliothèque Nationale (Collection des Estampes) .

1973, Prix d'Acquisition, Concours International Rank Xerox de la Gravure, Maison des Arts, Paris.

1975, exposition particulière d'eaux-fortes au Musée d'Art (MASP) de Sao Paulo.

1977, premiers aciers peints.

1977, gravures acquises par The School of Arts and Crafts d’Oakland, Californie.

De 1977 à 2005, je réalise 52 aciers peints, 3 multiples, 25 autoportraits (eaux-fortes et huiles), 8 constructions graphiques (aquatintes), 30 dessins à la mine de plomb, 13 grands panneaux en acier peint et une sculpture monumentale en tubes d'acier pour différents bâtiments publics.
Pendant cette période, je ne cherche pas à exposer. Je me replie sur mon travail pour pouvoir finalement affirmer cette alternance entre réalité et création qui est profondément ancrée dans ma nature.

1980, multiple acquis par le Musée de Saint Dié des Vosges.

1982, acier peint acquis par le Fonds National d'Art Contemporain.

1984, oeuvre sélectionnée par le Comité de la Biennale, VIe Biennale Internationale de la Gravure, North Miami Museum, USA.

Panneaux et sculptures en acier peint dans des bâtiments publics :


- Sculpture en acier peint, Collège d'Enseignement Secondaire, Lyon
- Sculpture fontaine, Palais de Justice, Nancy
- 6 panneaux en acier peint, Palais de Justice, Nancy
- Dallage du Hall d’Entrée, Palais de Justice, Nancy
- 4 panneaux en acier peint, Banque du Brésil, Valence (Espagne)
- Sculpture en acier peint, Place de la Poste, Château-Chinon
- 2 panneaux en acier peint, Ecole de Danse de l'Opéra de Paris

A partir de 1990, je m'affranchis de l'angle et de la droite et opte pour un langage aléatoire, proche du graffiti

2004, multiple acquis par le Musée MADI, Ceará, Brésil.

2005, exposition d'aciers peints avec le sculpteur brésilien Jaildo Marinho à la galerie Mariño, Paris.

2006, Invité d’honneur, 9e Salon de Massy Palaiseau

2006, Invité par l’A.P.E.B. (Association des Chercheurs Brésiliens en France), à faire un exposé sur mon travail au Pavillon du Brésil, Cité Universitaire, Paris.

Pour conclure, je dirai que mon travail est basé sur des rapports antinomiques : autoportraits et aciers peints. Il en est de même dans mon existence. J'éprouve le besoin d'opposer à la réalité urbaine dans laquelle je vis, celle de la nature. J'y puise la force et le plaisir, sans cesse renouvelés, d'entreprendre.


PREAMBULE

Je vis dans la misère des affects, un SDF de l'amour, une loque qui atteint son seuil d'incompétence avant d'avoir commencé.
Un jour je dessine une mignonne d'après un magazine : miracle ! J'entrevois subitement quelque chose qu'en tant qu'UnderDog de l'existence j'ignorais encore à 27 hivers : le goût d'exister, je bandais subitement à la nature, aux nuages, au vent, aux nanas ! C'était une révélation abasourdissante. Ce gribouillage n'était rien, mais pour moi, détenu au mitard, il promettait l'univers !

Je fais mon premier autoportrait. C'est un tsunami ! Je bascule peu à peu de l'indigence totale dans les milliards de dollars ! Je deviens si riche que je crains l'apoplexie. Je coule cette avalanche dans des gravures chaotiques, démentes, anarchiques, d'halluciné ! Petit à petit je prends pied. Je commence à devenir "normal" ! Les femmes commencent à s'apercevoir que je suis là !
Je me marie et deviens papa.

Moi qui avais peur de ma concierge, avec mes nouveaux biscoteaux je ne crains plus rien ! Je pars avec ma femme et le bébé aux USA. Ma formation d'architecte raté se métamorphose en "jeune architecte plein de talent" ! Je trouve immédiatement du travail. Je gagne ma croûte et nourris ma petite famille. Pendant deux ans Je bosse la nuit sur des eaux-fortes. J'expose mes natures mortes, constructions graphiques et autoportraits à New York. Les critiques sont divines. Les plus grands musées du monde m'en achètent (merci l'Amérique !).
Le tour est joué. Il ne me reste qu'à le répéter jusqu'à ce que je sois convaincu ! Ça fait une éternité que je m'y exerce. J'y crois déjà ! Je peux commencer à en parler. Grosses bises,
Roro


BIOGRAPHIE

Je suis né à Rio de Janeiro, de mère française et de père uruguayen et j’ai fait mes études en Français et Portugais à Rio. A 14 ans, je perds mon père et en 1947 je pars à Paris. J’entre à l'Ecole d'Architecture des Beaux Arts où je rencontre l'architecte américain Jules Gregory, boursier pendant six mois du gouvernement français, dont la très forte personnalité impressionna le jeune « nouveau » que j’étais. Il me prit sous son aile et me fit découvrir ce que pouvait être l’esprit de création.

En 1956 je retourne au Brésil. Je loue une chambre dans une maison à Santa Teresa, un des quartiers de Rio où, comme la plupart des artistes de ma génération, je cherche à égaler Picasso. Ces efforts se soldent par un échec et un état dépressif qui me semblait sans issue.

En désespoir de cause et par hasard, je dessine un visage d'après la photo d'un magazine. Ce geste est déterminant pour la suite de mon travail. Il me fait prendre conscience, à une époque où la représentation de la réalité était bannie, de l'importance capitale qu'a pour moi le dessin de la figure humaine.
Depuis cette date, mon travail est une dialectique permanente entre réalité et créativité.
En 1957 je réalise ma première oeuvre figurative : un autoportrait à l'huile. Ce travail libère mes énergies, je fais de la natation, du yoga, des haltères.

Premières eaux-fortes (autoportraits, natures mortes et constructions) en 1960.

Mon besoin obsessionnel d'humain est aussi obscène que les ébats de Jeff Koons avec la Cicciolina. L'affectif, refoulé de partout, éclate également chez de nombreux artistes avec des oeuvres telles que les portraits et les masques de Valérie Belin ou le théâtre de Jan Fabre.

La représentation de l'humain apporte la force, mais cette force n'aurait pas d'objet sans le concept de création, contre-pouvoir qui permet d'exprimer dans l'art les forces bridées de l'animal humain.

En 1961 je pars à New York avec ma première femme et mon fils âgé de quelques mois. Le jour, je travaille pour des architectes, le soir, je grave des eaux-fortes.

En 1964, le Consul du Brésil à New York, Dora Vasconcellos, me présente à Armando Zegri, directeur de la Galerie Sudamericana qui m'invite à y exposer mes gravures. Cette exposition est bien accueillie par la critique et des oeuvres sont acquises par le Metropolitan Museum of Art et le Museum of Modern Art (MOMA) de New York.
Je participe à plusieurs expositions aux USA. Le Print Club de Philadelphie m'invite à exposer avec le graveur Matt Philips.

En 1967 je retourne au Brésil.
Premiers bois peints. Expositions particulières aux galeries A.R. Hayatt, G-4 et Quadro de Rio.
Cette même année, je fais la connaissance à Sao Paulo du peintre Wesley Duke Lee. Wesley m'invite à faire partie du "Groupe Rex" qu'il avait créé avec des artistes brésiliens d'avant-garde. Il me présente à Pietro Maria Bardi, Directeur Fondateur du Musée d'Art (MASP) de Sao Paulo, le plus important musée d’Amérique Latine. Bardi était un historien de l'Art qui avait créé dans les années 20 une des premières revues d'architecture moderne en Italie. Bardi m’invite à exposer mes gravures au Musée.

Fin 1967, je reviens en France et m'installe à Paris. Je grave pendant deux ans avec Jacques Frélaut aux Ateliers Lacourrière.

1971, gravures acquises par la Bibliothèque Nationale (Collection des Estampes) .

1973, Prix d'Acquisition, Concours International Rank Xerox de la Gravure, Maison des Arts, Paris.

1975, exposition particulière d'eaux-fortes au Musée d'Art (MASP) de Sao Paulo.

1977, premiers aciers peints.

1977, gravures acquises par The School of Arts and Crafts d’Oakland, Californie.

De 1977 à 2005, je réalise 52 aciers peints, 3 multiples, 25 autoportraits (eaux-fortes et huiles), 8 constructions graphiques (aquatintes), 30 dessins à la mine de plomb, 13 grands panneaux en acier peint et une sculpture monumentale en tubes d'acier pour différents bâtiments publics.
Pendant cette période, je ne cherche pas à exposer. Je me replie sur mon travail pour pouvoir finalement affirmer cette alternance entre réalité et création qui est profondément ancrée dans ma nature.

1980, multiple acquis par le Musée de Saint Dié des Vosges.

1982, acier peint acquis par le Fonds National d'Art Contemporain.

1984, oeuvre sélectionnée par le Comité de la Biennale, VIe Biennale Internationale de la Gravure, North Miami Museum, USA.

Panneaux et sculptures en acier peint dans des bâtiments publics :


- Sculpture en acier peint, Collège d'Enseignement Secondaire, Lyon
- Sculpture fontaine, Palais de Justice, Nancy
- 6 panneaux en acier peint, Palais de Justice, Nancy
- Dallage du Hall d’Entrée, Palais de Justice, Nancy
- 4 panneaux en acier peint, Banque du Brésil, Valence (Espagne)
- Sculpture en acier peint, Place de la Poste, Château-Chinon
- 2 panneaux en acier peint, Ecole de Danse de l'Opéra de Paris

A partir de 1990, je m'affranchis de l'angle et de la droite et opte pour un langage aléatoire, proche du graffiti

2004, multiple acquis par le Musée MADI, Ceará, Brésil.

2005, exposition d'aciers peints avec le sculpteur brésilien Jaildo Marinho à la galerie Mariño, Paris.

2006, Invité d’honneur, 9e Salon de Massy Palaiseau

2006, Invité par l’A.P.E.B. (Association des Chercheurs Brésiliens en France), à faire un exposé sur mon travail au Pavillon du Brésil, Cité Universitaire, Paris.

Pour conclure, je dirai que mon travail est basé sur des rapports antinomiques : autoportraits et aciers peints. Il en est de même dans mon existence. J'éprouve le besoin d'opposer à la réalité urbaine dans laquelle je vis, celle de la nature. J'y puise la force et le plaisir, sans cesse renouvelés, d'entreprendre.


Version française
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